Épisiotomie, mon ennemie invisible.

Aujourd’hui, nous allons parler d’un sujet intime, mais que j’avais envie de partager, car je sais que je ne suis pas la seule à subir cela. Sujet tabou ou honte d’en parler, car cela nous touche en pleine intimité ? J’étonne parfois, car j’en parle très naturellement et je vois bien certains regards qui veulent dire «mais pourquoi elle me parle de ça, ça ne me regarde pas !». Et pourtant, après avoir un peu traîné sur des groupes ou des forums, j’ai bien compris que nous étions nombreuses à vivre ce calvaire et à le partager avec nos conjoints. Et c’est pour ça que j’en parle, pour dire « tu n’es pas seule !» Bref, aujourd’hui nous allons parler des épisiotomies qui nous gâchent la vie.

Episiotomie, mon ennemie invisible

Je vous avais déjà raconté dans l’article traitant de mon accouchement, cet acte qui m’avait été imposé sans mon consentement. Ce petit coup de scalpel si anodin pour certain, mais qui pour d’autres peut virer à la galère pendant des mois, voir des années. Pour rappel, ce qui m’avait le plus choqué, ça n’était pas tant l’épisiotomie en elle-même, car avec un bébé de 4 kg et les forceps, elle était probablement nécessaire. Non, ce qui m’a posé problème, c’est bien le fait que, malgré les discutions avec les professionnels, malgré mon projet de naissance rédigé avec ma sage femme et laissé à la clinique et malgré le fait que j’étais bien consciente, à aucun moment on ne m’a demandé mon avis. À aucun moment on ne m’a même annoncé ce qui allait se passer. J’ai juste sentie comme quelque chose qui « lâchait », qui s’ouvrait. J’ai relevé la tête et demandé ce qui se passait et on m’a juste lâché un « on vient de vous faire une épisiotomie ! » Ah, ok ça n’est que ça ! Bon ben tant que bous y êtes allez y, coupez ailleurs, il y a un peu de graisse à retirer là ! Bref, aucun respect de la loi Kouchner de 2002 qui stipule qu’il est interdit de pratiquer un acte médical sur une personne qui n’a pas donné son consentement, oublié le « consentement éclairé du patient ». Sans compter sur la suite des événements. 20 min de couture sans m’expliquer ce qui se passait. L’obstétricienne parlait de sang, du fait qu’elle galérait, et quand je relevais la tête, on me demandait de m’occuper de mon fils. C’est vrai qu’après tout, ça n’était que mon intimité qu’on était en train de finir de charcuter, alors pourquoi essayer de savoir ce qui se passait. Je n’ai jamais su combien j’avais eu de points. Selon la sage-femme que j’ai vue le lendemain, ça n’était pas écrit dans mon dossier. Encore un oubli sûrement…

scalpel

Bon, ça c’était pour un rappel des faits le jour J. Les suites n’ont pas non plus été roses, puisque j’ai eu beaucoup de mal à tenir droite, à m’asseoir, à marcher ou à monter les escaliers pendant plusieurs jours. Heureusement que Papounet était présent à la maison pour m’aider à monter le petit à l’étage. Impossible de partir en balade avec mon bébé plus de 20 min. Jusqu’à ce que, quelques semaines après, pendant ma rééducation du périnée, ma sage-femme comprenne d’où venait le problème. Il y avait tout simplement 3 points de suture qui étaient bien trop serrés. Elle a pu en faire sauter 2, mais pas le dernier. Ce fut une libération, même si la gène était toujours bien présente.

Mais alors, pourquoi vous parler de ça aujourd’hui, 28 mois après mon accouchement ? Et bien tout simplement, car cette petite entaille, ce petit coup de scalpel, cette épisiotomie, cette cicatrice, est toujours bien présente dans ma vie. Je la sens tous les jours, parfois elle me fait souffrir, parfois elle me gêne. J’ai cette sensation de tiraillement interne qui me rappelle à chaque fois sa présence. Cela pèse parfois sur mon moral. Cela pèse bien sûr sur notre vie de couple et notre intimité. À chaque période de règles ou d’ovulation, je la ressens encore plus. J’ai même de temps en temps, des difficultés à rester en position debout prolongée.

femme qui souffre

J’en ai bien sûr parlé à ma gynéco, que j’ai revue deux fois ces deux dernières années. Les 2 fois, elle m’a lâché un « punaise, c’est vrai que vous avez une sacrée balafre ! » Je m’en rappelle bien, car ce mot résonne en moi. Pour elle, mon périnée va très bien (ce qui est déjà une bonne nouvelle) et la cicatrice est « belle », dans le sens où elle a bien cicatrisé. Cependant, étant donné ce que je lui ai décrit, lors de ma dernière visite, elle m’a annoncé qu’il faudrait peut-être envisager une chirurgie réparatrice un jour. Pas maintenant, puisque nous envisageons un petit deuxième (parfois, je me dis que je suis folle de vouloir de nouveau m’infliger ça), mais que, en tout cas, ça serait la seule solution pour me soulager réellement. En attendant, j’ai une crème à mettre, pour tenter d’assouplir ma cicatrice. Je vous laisse imaginer le glamour de ce soin.

Alors voilà, je sais qu’il y a pire dans la vie (on me l’a bien assez répété.), mais je sais aussi que nous sommes nombreuses à vivre avec cette cicatrice invisible, mais qui gâche une partie de nos vies. Pour certaines, c’est une épisiotomie (consentie ou non), pour d’autres, c’est une déchirure. Quoi qu’il en soit c’est là, en nous, et cette douleur physique et morale existe bel et bien.

J’espère que ces quelques lignes pourront aider certaines personnes à en parler, avec leur compagnon, avec un professionnel, avec une amie…

Et comme toujours, si vous avez envie de partager avec nous, n’hésitez pas à laisser un commentaire ici, ou à venir en parler en privé avec moi.

6 Replies to “Épisiotomie, mon ennemie invisible.”

  1. pour moi déchirure naturelle (l’hôpital ou j’ai accouché ne pratique pas d’épisio) j’ai été recousue de longues minutes avec un étudiant qui observait (fun) et j’étais en même temps en plein protocole contre l’hémorragie post partum donc il devait y avoir une douzaine de personnes dans la salle d’accouchement dont certains ne faisait que taper la causette !.. par chance je n’ai jamais souffert, ni pendant les sutures, ni ensuite pendant la cicatrisation … j’ai eu plus de mal à digérer l’utilisation des forceps, que j’appréhendais beaucoup .. gros bébé également, 3,8 kg avec 3 semaines d’avance, et une grossesse tellement compliquée que j’étais épuisée avant d’aller accoucher .. je voulais une césarienne car j’avais très peur de subir ce que j’ai justement subit ensuite .. bébé a eu du mal a passer et j’ai eu un prolapsus qui a mis plus de 6 mois à rentrer dans l’ordre avec de longues séances de rééducation merci ma kiné qui m’a beaucoup soutenue pendant cette période vraiment pas drôle … du coup c’est très frustrant j’ai un très mauvais souvenir de la grossesse comme de l’accouchement et je n’imagine même pas revivre ça un jour ..

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      1. oui alors ça c’était au début pour moi … j’ai été hospitalisée un mois pendant ma grossesse car en MAP, du coup j’ai vu beaucoup de monde défiler et beaucoup discuter avec les sages femmes et elles mêmes me disaient que ce sont les grossesses galères qui sont les plus fréquentes .. les grossesses idéales ne sont pas la majorité mais ce sont effectivement les seules qui s’expriment ..

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      2. C’est Ça, ce sont celles qui sont mise en avant. Du coup, pour beaucoup de femme c’est un véritable choc. Heureusement pour moi, je m’étais préparé étant donné les accouchement dans ma famille et le fait que je travaillais dans un service d’urgence.

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  2. Pour moi déchirure complète jusqu’à l’anus ( youhou!) car gros bébé et forceps en plus. Pour la suite rien de bien plus glorieux… Pas de points de sutures mais un faufilage 😂😂😂 j’adore ce mot. Impossible de s’assoir de marcher pendant 15 jours . Depuis mon premier accouchement il m’est impossible de mettre un tampon lors de mes cycle c’est beaucoup trop douloureux et pendant une année je vous parle pas des douleurs lors des rapports intimes. Ça été ma hantise lors de ma deuxième grossesse. Heureusement je n’ai eu que 5 points de sutures pour mon deuxième accouchement et je n’ai pas du tout souffert les semaines qui ont suivi.

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