À toi, la maman à bout de souffle.

À toi, la maman à bout de souffle. À toi, la maman qui, ce soir encore, se sent complètement dépassée et la plus nulle de la terre. À toi, la maman qui te sent seule au monde. Ce soir, je te dédie ces quelques lignes. 

On t’avait dit que la maternité serait le plus beau rôle de ta vie et que tes enfants te rendraient heureuse jour après jour. Mais ce soir, tu n’en peux plus et tu pleures. Tu as honte de toi, car tu penses à toutes celles qui rêvent d’être mamans, mais n’y parviennent pas.

Aujourd’hui, tu as couru toute la journée, entre les changes, les biberons du petit, les repas de la grande, les bains, les sorties d’école, … Tu as essuyé du pipi, du vomi, de la bave à profusion et tu as changé ton enfant, pour ne pas qu’il reste dans des vêtements sales. Pourtant, tu n’as pas pris le temps de changer ton pull qui porte les traces du dernier repas. D’ailleurs, tu avais envie d’aller aux toilettes avant le repas, mais finalement, tu n’as pas pris le temps d’y aller pour le moment. 

Tu as dû découper un bonbon en deux pour éviter une crise, mais tu n’as pas pu éviter celle du gobelet. Mais quelle idée tu as eu aussi de mettre le gobelet orange au lave-vaisselle ce matin ??? 

Et bien sûr, tu as fait les courses. Tu as pensé à prendre chaque chose susceptible de faire plaisir à l’un ou à l’autre, tout en achetant du bio, du bon, du équilibré, …. Tu n’as pas oublié de réinscrire le grand au judo et tu as pris rendez-vous chez le pédiatre pour la visite des 6 mois du petit dernier. Tu as couru pour ne pas être en retard chez ta sage-femme pour ta rééducation du périnée, mais finalement, c’est elle qui est en retard. Et tu sais que ça va être très compliqué d’être à l’heure à l’école. 

Tu t’es cassé le dos en pliant et dépliant la poussette plusieurs fois aujourd’hui, en portant le cosy avec bébé dedans, en portant les courses, en portant ta fille pour lui faire un câlin. 

Tu as vidé le lave-vaisselle, vidé le lave-linge, plié et rangé le linge. Tu as lavé les biberons à la main, car tu ne veux pas les mettre au lave-vaisselle. Tu as fait un gâteau au chocolat pour leur faire plaisir, et préparé une soupe pour ce soir. Toi, tu as mangé des restes, tu as mangé froid, et surtout, tu as mangé en plusieurs fois, car tu as dû aider les enfants, te lever 15 fois pour ramasser le doudou du petit, pour accompagner le grand aux WC, pour aller chercher le pain, … 

Ce soir, quand tu as couché les enfants, l’un d’eux a toussé. Tu as pris sa température, et tu as compris que ta nuit serait courte. Tu as commencé à faire du rangement, mais ton fils t’as appelé, car il avait soif, puis, car il avait peur, puis, car il voulait savoir pourquoi la nuit, il fait noir, puis car il voulait un bisou, …. Au final, il est 22h30, voir 23h00 et tu peux enfin te poser. Et c’est le moment où tu craques, car tu es à bout de souffle. Tu es peut-être seule pour gérer tout ça, ou en couple. Mais quoi qu’il en soit, à ce moment-là, tu te sens seule au monde. Tu sais que demain, tout va recommencer, et tu te demandes quand est ce que tu vas souffler. Tu ne sais pas à qui parler de tout ça, car encore une fois, tu as honte et tu te sens anormale. 

Alors, ces quelques lignes ne vont pas changer ta vie. Demain, tu vas encore courir, que tu sois en congé parental, ou que tu travailles. Peut-être que ça ira mieux, ou peut être que ça sera pire. Mais tout ce que je veux te dire à travers mon texte, c’est que non, tu n’es pas seule ! Non, tu n’es pas la plus nulle. Non, tu n’as pas à avoir honte de ce que tu ressens. Et oui, tu as le droit de craquer et de ne pas être bien. Bien sûr que tu les aimes tes enfants, plus que tout même. Mais tu as le droit de rêver d’une journée seule, rien que pour toi. Et tu sais quoi, tu as le droit de le dire tout ça et si ça ne plaît pas, et bien tant pis. Parle, à qui tu veux, mais surtout ne garde pas ça pour toi seule. Tu dois vider un peu ton sac avant qu’il ne soit trop lourd à porter. 

Pour ma part, j’ai trouvé de l’aide auprès d’amis, mais aussi du centre de périnatalité de mon département. 

10 réponses sur “À toi, la maman à bout de souffle.”

  1. Très beau texte! La maternité c’est du bonheur, mais aussi un vrai bouleversement… J’adore mes 2 enfants, mais quelques fois je rêve de ne pas devoir préparer leur petit déjeuner, de manger tranquille, et de rester à ne rien faire!

  2. Il faut un village pour élever un enfant.
    Merci belle-maman de les prendre certains week-ends, merci les copines de m’écouter me plaindre, merci les LAEP pour les échanges professionnels quasi-gratuits et des activités enrichissantes pour les enfants, merci la psy parce que la parentalité remue + que le quotidien …

    1. Oh que oui ! Et en ce moment, c’est difficile car justement le village manque. Les grands-parents paternels de Elouan ne le connaissent pas encore 😢.

    1. Et en ce moment, c’est encore un peu plus compliqué que d’habitude. Alors il faut saisir les opportunités qui se présentent, sans culpabiliser.

  3. Bonsoir,

    C’est un magnifique texte, tellement réaliste, ma sœur vie seule aces ses 5enfants, on essaye de la soulager en prenant les enfants le week-end ou les vacances, mais ce n’est pas simple non plus quand ils sont ici, je trouve que les enfants d’aujourd’hui sont beaucoup plus difficiles. Je pense que c’est la génération à cause des écrans qui deviens une grande addiction pour eux. Ici on évite au max les écrans quand ils sont à la maison. Tu as raison il faut savoir demander de l’aide. Et essayer de prendre du temps pour soi. Bonne soirée #joana

    1. J’admire les parents solo. Et avec 5 enfants, ça doit être sportif. C’est chouette si elle peut compter sur la famille pour l’aider, c’est vraiment important.

  4. Merci pour ce texte déculpabilisant ! J’ai fait le choix de garder les enfants presque intégralement jusqu’à leur 3 ans. C’est dure ! J’ai besoin de travailler. La crèche me prend le dernier 2 petites journées par semaine. C’est très peu mais ça me donne un équilibre

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